Sommet mondial sur la vaccination 2020 - Message d’Emmanuel Macron [pt]

Sommet mondial sur la vaccination 2020 - Message d’Emmanuel Macron
Paris, le 4 juin 2020
"Quelques mois après le succès obtenu à Lyon pour reconstituer les ressources du fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, nous devons être collectivement au rendez-vous de cet autre pilier essentiel de la santé mondiale : l’égal accès de tous aux vaccins."
"Monsieur le Premier Ministre, cher Boris Johnson,
Mesdames et Messieurs les Chefs d’État et de gouvernement,
Madame la Présidente du conseil d’administration de Gavi, chère Ngozi Okonjo-Ikewala,
Monsieur le Directeur général, cher Seth Berkley,
Mesdames et Messieurs,
Je veux d’abord remercier le Royaume-Uni pour l’organisation de ce sommet mondial sur la vaccination. Quelques mois après le succès obtenu à Lyon pour reconstituer les ressources du fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, nous devons être collectivement au rendez-vous de cet autre pilier essentiel de la santé mondiale : l’égal accès de tous aux vaccins.
Il y a vingt ans, l’Alliance du vaccin est née d’une idée simple, qui a transformé des millions de vies : rendre accessibles de nouveaux vaccins efficaces et fournir ainsi aux enfants du monde entier une protection contre les maladies infectieuses. Faire en sorte que tous, quel que soit le pays où ils naissent, aient un égal accès aux vaccins d’importance vitale.
Ces vingt ans écoulés, c’est l’histoire de femmes et d’hommes qui se sont engagés pour que cette idée devienne une réalité, en réunissant les acteurs publics et privés, en alliant leurs forces pour accélérer et faire la différence sur le terrain.
C’est l’histoire d’une génération qui a pu ainsi être mieux protégée et construire sa vie. 760 millions d’enfants vaccinés. 13 millions de vies sauvées.
C’est l’histoire de la lutte contre les inégalités de destin, qui doit tant - souvenons-nous en - à l’engagement de Nelson Mandela dans les années 2000, lui qui refusait que la vie ou la mort d’un enfant dépende trop souvent de l’accessibilité des vaccins dans le pays où il naît.
Cette histoire n’est pas terminée. Et c’est à notre tour de l’écrire. Les défis restent colossaux. Nous les connaissons. De nombreux pays à revenu faible et intermédiaire ont fait des pas de géant en améliorant la couverture vaccinale.
Mais, l’OMS l’a rappelé il y a quelques jours :
Les cibles fixées pour l’élimination de maladies telles que la rougeole, la rubéole et le tétanos maternel et néonatal, pourraient ne pas être atteintes s’il n’y a pas de sursaut d’ici la fin 2020.
Des dizaines de millions d’enfants dans le monde ne reçoivent toujours pas les vaccins dont ils ont besoin. Et ce sont le plus souvent ceux qui sont exposés aux conflits, à l’insécurité, à toutes les inégalités.
La pandémie de COVID-19 ne fait qu’amplifier ces défis. Les rendre plus graves et plus urgents encore. En ébranlant les services de vaccination dans le monde entier, la crise expose près de 80 millions d’enfants de moins d’un an à des maladies telles que la diphtérie, la rougeole et la poliomyélite.
Il est donc impératif de redoubler d’efforts pour soutenir les systèmes de santé des pays les plus fragiles et leur permettre ainsi de maintenir les programmes de vaccination. C’est le premier enjeu, majeur, de cette conférence de reconstitution.
Gavi a aujourd’hui besoin de ressources pour continuer à remplir sa mission : c’est-à-dire vacciner des enfants, des jeunes, des adolescents des adultes, sauver ainsi 8 millions de vies supplémentaires dans les 5 années à venir. Notre lutte contre le Coronavirus ne doit pas nous empêcher de remporter cet autre combat. Il est vital de maintenir les efforts pour la vaccination contre les autres maladies pour éviter le fléau de flambées épidémiques pour des maladies qu’on connait malheureusement si bien, comme la polio ou la rougeole et d’autres qui peuvent être terriblement meurtrières, comme Ebola ou la fièvre jaune.
La France prendra toute sa part à cet effort, qui doit être historique pour répondre aux enjeux qui sont devant nous, avec un effort additionnel de 250 millions d’euros qui porte notre contribution totale sur le cycle qui s’ouvre de 2021 à 2026 à 500 millions et qui vient s’ajouter à notre mobilisation renforcée aux côtés de l’organisation mondiale de la santé, du fonds mondial, des systèmes de santé africains.
Le deuxième enjeu, c’est de faire en sorte dès maintenant qu’un vaccin contre le COVID-19, lorsqu’il sera découvert, bénéficie à tous, parce qu’il sera un bien public mondial. C’est l’un des objectifs essentiels de l’initiative ACT-A que nous avons portée avec l’organisation mondiale de la santé, la Commission européenne, le Royaume-Uni et bien d’autres et qui trouve aujourd’hui, au travers de cette conférence, une nouvelle traduction concrète. C’est pourquoi la France sera prête, comme le demande l’alliance, à augmenter de 100 millions d’euros sa contribution lorsqu’un vaccin efficace contre le COVID-19 sera disponible, afin d’en assurer la diffusion à un prix abordable tout en maintenant le niveau d’engagement nécessaire contre les autres maladies.
Ce qui se joue, maintenant, lors de cette conférence, c’est ce qui a présidé à la fondation de l’alliance : le droit de tous à la santé. Le droit fondamental de chacun à bénéficier, quel que soit le pays où il vit, aux mêmes chances de construire son destin. C’est la source du combat contre toutes les inégalités et c’est un choix fondamental pour le monde, pour le monde d’aujourd’hui et de demain. Pour le monde que nous voulons construire, après cette pandémie. Nous serons là engagés.
Je vous remercie."

Dernière modification : 11/06/2020

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