Santé

1. L’engagement français global dans la santé et la protection sociale

La France accorde une importance particulière au droit fondamental qu’est la santé. Elle consacre une part significative de son effort dans le domaine du développement et de la solidarité internationale à l’amélioration des conditions de santé et de protection sociale dans les pays en développement. C’est également un secteur dans lequel la France dispose de compétences reconnues.

Une des priorités française est la lutte contre les trois grandes pandémies : VIH/sida, tuberculose et paludisme. La France a ainsi participé en 2002 à la création du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme dont elle reste le 2ème contributeur historique à hauteur de 360 millions d’euros par an. Le Fonds mondial a décaissé plus de 31 milliards de dollars depuis sa création pour accélérer la fin du sida, de la tuberculose et du paludisme, sauvant ainsi plus de 20 millions de vies.
Avec le Brésil, la Norvège et le Royaume-Uni, la France a aussi permis en 2006 la création d’UNITAID dont elle est le 1er contributeur à hauteur de 60%. Financé par une taxe de solidarité sur les billets d’avion, UNITAID a pour objectif d’identifier et d’accélérer l’arrivée de solutions diagnostiques et thérapeutiques innovantes et abordables sur le marché afin de répondre aux besoins des pays du sud en terme de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme. Aujourd’hui, 80 pour cent des médicaments anti-VIH (ARV) utilisés en Afrique ont été introduits grâce aux actions d’UNITAID qui ont permis une baisse considérable de leurs prix (environ 80 euros par personne et par an) et à celles du Fonds mondial pour leur dispensation à grande échelle.

La France se mobilise également pour la santé des femmes et des enfants. Au sommet du G8 de juin 2010 à Muskoka, la France s’est engagée à augmenter sa contribution à la lutte contre la mortalité maternelle et infantile de 500 M€ pour la période 2011-2015. Ces financements ont été alloués à 4 agences des Nations unies (l’OMS, le FNUAP, l’UNICEF et l’ONUFemmes) ainsi qu’à l’alliance mondiale pour les vaccins et l’immunisation (GAVI), la Fondation Aga Khan pour le Développement et le Fonds mondial. Les activités mises en œuvre visent à promouvoir l’espacement des naissances et la prévention des grossesses non désirées, assurer le suivi des grossesses, des naissances et de la période post-partum, ainsi que la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant. Les engagements bilatéraux mis en œuvre par l’Agence Française de Développement, ont pour leur part été augmentés de 48 M€ par an afin d’améliorer la santé des mères et des enfants. Seize pays ont été considérés comme prioritaires pour ces appuis (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Comores, Congo, Côte d’Ivoire, Guinée, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Sénégal, Tchad et Togo). Deux pays en crise ont également été inclus (Haïti, Afghanistan).

La vaccination est un autre axe prioritaire de la santé des enfants. La France s’y associe par son soutien à l’Alliance mondiale pour les vaccins et l’immunisation (GAVI). Il s’agit d’un partenariat public-privé créé en 2000 pour corriger les inégalités mondiales dans l’accès aux vaccins nouveaux ou sous utilisés. Depuis 2000, GAVI a contribué à vacciner plus de 500 millions d’enfants et sauver ainsi 8 millions de vies dans les pays les plus pauvres du monde.

GAVI finance 11 vaccins, y compris ceux contre les maladies à pneumocoque et contre le rotavirus, premières causes de pneumonie et de diarrhée évitables par la vaccination. La France est le 5ème pays contributeur de GAVI. En plus de sa contribution directe, son soutien financier passe par la facilité financière internationale pour l’immunisation (IFFIm) dont elle a été l’un des fondateurs.

La France a joué un rôle pionnier dans la mobilisation internationale autour des maladies tropicales négligées (MTN). Elle poursuit son action en faveur de la recherche et pour la prévention et le traitement de ces maladies à travers son soutien à l’OMS et à la Drugs and Neglected Disease Initiative (DNDi).

La coopération doit cependant s’adapter à la double transition démographique (vieillissement) et épidémiologique (progression des maladies non transmissibles ou MNT) qui affecte aussi les pays en développement. Les MNT, principalement les troubles cardio-vasculaires, les cancers, les diabètes et les affections respiratoires chroniques, représentent déjà près de deux tiers de la mortalité à l’échelle mondiale. Cela demande notamment une meilleure prise en compte du rôle des déterminants comportementaux, sociaux (éducation, égalité femme-homme, logement, etc.) et environnementaux. La France met l’accent sur la recherche, la promotion de la santé et la prévention, en ciblant les principaux facteurs de risque communs à ces pathologies : tabac, usage nocif de l’alcool, mauvaise alimentation et sédentarité. En outre, la France soutient le Centre international de recherche contre le cancer (CIRC), basé à Lyon.

Plus récemment, la France a mis la couverture sanitaire universelle (CSU) telle qu’elle a été définie par les Nations unies en décembre 2012, au rang de ses priorités. Le plaidoyer de la France au plus haut niveau auprès des organisations et enceintes internationales en faveur de la CSU s’est traduit en septembre 2015 par l’adoption par la communauté internationale de la CSU comme l’une des cibles du nouvel agenda 2030 pour le développement durable. L’engagement de la France pour la CSU se traduit en outre sur le terrain par son appui aux pays en développement dans la définition et la mise en œuvre de stratégies et politiques de CSU à travers différents projets et initiatives visant à promouvoir des systèmes de santé accessibles, pérennes, résilients et de qualité, selon une approche intégrée des maladies transmissibles et non-transmissibles.

2. L’action française en faveur de la santé au Mozambique


a. La formation médicale/paramédicale et la réhabilitation/construction d’hôpitaux

La France est un partenaire du Mozambique pour la formation médicale depuis de nombreuses années. Plusieurs formations sur le VIH/sida ont été réalisées sur place dans les années 90, puis le programme d’anesthésie-réanimation médecine d’urgence (PARMU) début 2000, enfin des formations accompagnant l’ouverture de l’institut du cœur de Maputo. Entre 2012 et 2017, l’Agence Française de Développement a également financé (à hauteur de 900 000 euros) la formation en anesthésie-réanimation de 15 (ou 15 ?) étudiants à l’hôpital central de Maputo en coopération avec l’université de Victor Segalen de Bordeaux II. La France attribue régulièrement des bourses pour des études médicales en France, dans des domaines aussi variés que la cardiologie, la gastro-entérologie et la santé publique.
Via l’Agence Française de Développement, la France a également permis entre 2004 et 2011 la réhabilitation de l’Hôpital provincial de Pemba et de l’hôpital rural de Montepuez ainsi que la construction de 6 centres de santé dans la province Cabo Delgado. Par ailleurs, l’AFD contribue actuellement (à hauteur de 15 millions d’euros) à la construction et l’équipement de l’hôpital rural de Marromeu (140 lits) et l’hôpital général de Beira (224 lits) en partenariat avec l’Agence de Développement Hollandaise.

b. Le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme

Le soutien français au Mozambique pour la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme passe par les voies multilatérales, avec deux intervenants principaux : le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et UNITAID.
Le Fonds mondial est présent au Mozambique depuis 2002. Il permet l’achat de médicaments (antirétroviraux ou ARV, antituberculeux, traitements combinés à base d’artémisinine ou ACT, etc.) et de différents matériels (moustiquaires imprégnées, matériel de laboratoire, etc.). Il finance aussi le renforcement du système de santé national et les activités communautaires mises en place par les ONG. Au 1er aout 2017, le Fonds mondial a attribué plus de 972 millions de dollars au Mozambique, dont 822 millions ont déjà été déboursés. La France étant le 2ème bailleur du Fonds mondial, cela représente un soutien français au Mozambique d’environ 103 millions de dollars pour la lutte contre les 3 grandes pandémies depuis 2002.
L’appui d’UNITAID pour le Mozambique a débuté en 2007. Il a notamment permis l’achat d’ARV de 2nde ligne, d’ARV pédiatriques, d’ACT injectables et de traitements pour la tuberculose multirésistante. Il a aussi facilité l’introduction de matériel de diagnostic contre le VIH et la tuberculose utilisable dans les centres de santé isolés (technologie Point of Care). Au 1er aout 2016, l’appui d’UNITAID se montait à 67,3 millions de dollars, dont 60% est d’origine française, soit environ 40,4 millions.

c. Les vaccinations :

Comme pour le VIH et la tuberculose, le soutien français pour le programme de vaccination du Mozambique passe la voie multilatérale avec l’Alliance mondiale pour les vaccins et l’immunisation (GAVI). Les financements de GAVI ont déjà permis l’introduction de nouveaux vaccins (Hépatite B, Haemophilus influenzae, pneumocoque, rotavirus) et depuis 2015 le Human Papilloma Virus (HPV), plus une 2ème dose contre la rougeole ainsi que le polio inactivé. Au total, l’apport de GAVI au Mozambique dépasse les 159 millions de dollars depuis 2000, dont 9,5 millions sont d’origine française.

3. Contacts :
Le Dr Arièle BRAYE, conseillère régionale santé, basée à l’ambassade de France à Pretoria, est compétente pour le Mozambique et le Swaziland.

Dernière modification : 11/08/2017

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