Leopoldina de Carla Gouveia, 23 ans, étudiante...

Leopoldina est originaire de Beira, elle est membre du groupe d’étudiants de l’UEM, elle fait également partie du groupe des jeunes francophones, AMOJOF, et du mouvement intellectuel des jeunes africains AFRIKAWANZA. Suivez notre conversation.

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Chère Léopoldine tout d’abord, nous aimerions que vous nous parliez un peu de vous, d’où venez-vous, comment êtes-vous arrivée ici à Maputo ?
Je suis Léopoldina Gouveia, je suis originaire de Beira et je suis l’ainée de trois sœurs. Comme j’ai l’habitude de dire, je suis une enfant de l’unité nationale, mon père est de Zambézia, ma mère d’Inhambane et je suis née à Beira. (rires)

Un mélange intéressant ! E comment êtes-vous arrivée à Maputo ?

Ce fut à cause de l’Université. J’ai passé le concours de l’UEM à partir de Beira, alors j’ai dû venir ici à cause de mes études, je vis actuellement dans une résidence universitaire et je suis déjà dans ma cinquième année et je prépare ma soutenance qui aura lieu la semaine prochaine.

Nous espérons que nous ne vous prenons pas du temps précieux, en fait quel est votre sujet de mémoire ?

Rien de tout cela, ma question porte sur le marché des émissions des gaz à effet de serre.
J’aurais même pu faire mes études à Beira, mais je voulais élargir mes horizons et j’ai toujours opté pour une meilleure formation qui pourrait être à ma portée. Mon adaptation à Maputo n’a pas été facile, la vie n’est pas aussi simple qu’on l’imagine dans une autre province, au point que je me suis même interrogée sur un retour à la maison ... mais après je me suis dit que je suis venue ayant un but et je l’atteindrai.

Comment cet intérêt pour l’environnement est-il né ?

Je dis généralement que c’est né du professeur Carlos Serra, lorsque j’ai commencé mon cours préféré qui est le droit constitutionnel et, appartenant au groupe d’étudiants en droit, nous avons organisé dans ce cadre une conférence sur la réglementation de l’environnement sur le point de vue criminel et c’st comme ça que j’ai rencontré le prof. Carlos Serra.
(et je ne sais pas comment, j’ai eu l’idée de créer un projet, j’étais responsable des projets à l’association des étudiants, je voulais travailler sur la sensibilisation et la prse de conscience sur l’environnement. J’ai en parlé au Prof. Serra, une personne très simple et extraordinaire, il m’a soutenu dans ce projet car c’était quelque chose qui avait existé auparavant à UEM (exactement il y a 10 ans), nous avons alors décidé d’aller de l’avant avec l’ « opération Caco » et même aujourd’hui ... à la faculté, on m’appelle Carlos Serra. (Rires)
Mais toute petite encore, j’ai eu une matière d’éducation civique à l’école, une base pour respecter l’environnement sans trop approfondir.

Et c’est de l’environnement qu’est née la relation avec la France et le monde francophone ?

Oui, ça été le cas. Dans le cadre de l’environnement et en collaboration avec le WWF qui m’a envoyé à l’Ambassade de France, notamment au SCAC, et c’étai justement l’année de la COP21. L’ambassade organisait une marche en faveur du climat "Paris Clima", j’ai collaboré et nous avons participé à cette marche. Par la suite, nous avons organisé « l’heure de la planète » avec l’ambassade et cette fois-ci j’ai proposé que ce soit un événement ouvert au public et non pas institutionnel comme cela était fait auparavant.

Pourquoi avoir voulu rendre « l’heure de la planète » un événement ouvert au public ?
Parce que cet événement est le plus grand événement mondial anti-réchauffement climatique, englobant plus de jeunes et j’ai promis de sensibiliser plus de jeunes à participer, nous avons préparé cet événement à nouveau avec l’ambassade de France. C’était réussi, quoique modeste par rapport à celui de Paris, d’Australie ou d’Afrique du Sud.

Alors, dis-moi, c’est la première et la dernière édition ?

Non, la première c’était en 2016, et depuis nous ne nous sommes jamais arrêtés et nous continuons. Cet événement permet progressivement de sensibiliser la société et de contribuer à la réduction du réchauffement climatique qui est un problème très sérieux. Je sais que l’éducation joue un rôle important dans la préparation du comportement humain dans la société, mais nous devons faire quelque chose. Par ce travail, nous avons remarqué un certain changement mais aussi de la résistance surtout de la part des personnes vulnérables. Il suffit d’aller jusqu’à la mangrove du quartier des pêcheurs et vous verrez la situation chaotique dans laquelle se trouve la mangrove. Les résidents de ce quartier, par exemple, ont tendance à résister aux changements d’attitude. Nous y menons souvent des campagnes car ils sont dans une situation déplorable et ce n’est pas facile. Ils voient les conséquences de lancer des ordures dans l’eau, des sacs plastiques, etc. Parfois, c’est une erreur que de penser que ce sont ceux qui n’ont rien à faire dans la vie qui se soucient de l’environnement. Le droit à l’environnement implique de l’engagement de chacun d’entre nous, y compris au niveau institutionnel.

J’ai appris que vous apprenez le Français ?

Oui, j’adore cette langue et je veux aussi faire mon master en France, en droit de l’environnement, et de ce fait cette langue m’intéresse. Bien que cette langue soit difficile, ce défi me plaît. Je souhaite me former en France pour travailler dans ce domaine de l’environnement, en particulier sur le continent africain ou au Mozambique parce que je pense que le continent africain a plus de possibilités de choisir un modèle plus durable par rapport à d’autres qui n’ont pas eu d’option.

Toujours dans le monde de la francophonie, vous êtes membre de l’association des étudiants francophones. Quel est votre rôle ?

Je suis membre de ce groupe depuis 3 à 4 mois. Le groupe se centre sur la formation en langue française, la culture et l’éducation civique et je souhaite donner un nouvel élan en contribuant au volet civique. Mon objectif est un autre, je quitte le groupe de la faculté et je me consacrerai à mes projets civiques et avec AMOJOFA, ce sera une bonne opportunité.

En plus d’AMOJOF, je fais partie de l’Afrkiwanza, un forum intellectuel d’étudiants de droit, principalement d’Afrique australe, intégrant 9 pays. Ce forum permet une interaction et un échange d’idées ainsi qu’une petite action dans plusieurs domaines. Je travaille avec la composante environnement.

Et dans les groupes où nous faisons mieux écouter et apprendre des choses. Qu’est-ce que le Labycitoyen a-t-il représenté pour vous ?
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Le Labcitoyen a été une expérience fantastique. Grâce à l’ambassade de France j’ai pu y participer, c’était la meilleure expérience que j’ai jamais eue. J’ai visité Paris, les quartiers écologiques, et j’ai eu une très belle impression. Les quartiers écologiques, j’ai adoré, et j’ai remarqué le respect entre les gens. Certaines visites ont été guidées et d’autres libres. Les visites libres étaient tellement intéressantes que l’on ratait même le train de retour. Le terme jardin partagé m’a tellement plu, j’ai beaucoup apprécié. Voir comment les endroits d’appui aux immigrants peuvent contribuer à la société c’était positif. Je pouvais sentir l’intervention de la société avec l’État, c’était incroyable. Ce qui peut être perçu, c’est que les immigrants contribuent à l’économie.

Pensez-vous que les quartiers écologiques peuvent être mis en œuvre au Mozambique ? Sommes-nous prêts ?
J’ai été impressionnée par le matériel, le tout recyclé, la sécurité des maisons, le gouvernement est très engagé, l’intervention entre les groupes associatifs et l’État a beaucoup attiré mon attention. C’est là que j’ai compris pourquoi on dit que les gens sont l’État, là-bas, cette théorie s’applique, c’est quelque chose dont nous ne pouvons pas en dire autant ici. Ici, lorsque nous portons les projets pour approbation par les institutions, il est très difficile qu’ils soient acceptés car ils ne nous font pas confiance a priori.

N’était-ce pas par manque de connaissances de sa part ?
Haaa J’ai certains doutes, ça peut être ça, je pense que ce serait plus par manque de confiance et de disposition. Nous avons de l’accès à l’information, je crois que c’est plutôt par manque de disposition.

Auriez-vous quelque chose à dire ?
Huuummm. Quelqu’un a dit que nous nus sentons petits pour résoudre de grands problèmes comme les changements climatique, puis il a dit, « alors essayez de dormir avec un moustique et vous verrez que vous ne dormirez pas ».

Merci beaucoup, Leo ! Vœux de réussite.

Dernière modification : 15/09/2017

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