Discours de M. l’Ambassadeur à l’occasion de la journée internationale de la femme

Madame la Ministre,
- Mesdames,
- Messieurs,
- Chers amis,
- 
- 
- Je suis heureux de célébrer, ce soir, en votre compagnie Madame la Ministre, la journée internationale de la Femme.
- Après avoir été tour à tour la muse des trouvères et poètes, la mère de famille de l’ère industrielle, la femme objet des publicitaires, ou la femme libérée de l’époque contemporaine, la femme est devenue aujourd’hui femme d’affaires, égérie politique et, en tout cas, une personne émancipée. La question du genre a ainsi empli tous les espaces de la réflexion intellectuelle jusqu’à revendiquer l’égalité des sexes et désormais la parité professionnelle et politique.
- Ainsi, les femmes occupent une place éminente dans le monde contemporain. L’Afrique, que je connais bien pour la parcourir depuis de longues années, en est un révélateur exemplaire. « La femme est le devenir du continent africain » nous content les chantres africains mais, au-delà de l’image poétique, chacun sait désormais que le développement économique et social de l’Afrique passe, nécessairement, naturellement, essentiellement, par le vecteur féminin. Car si la femme, en Afrique, y est encore porteuse : porteuse du bois, porteuse de l’eau, porteuse d’enfants, la femme africaine est aussi porteuse d’avenir quand elle accède au micro-crédit, quand elle fait des affaires et du commerce, quand elle détient le pouvoir politique. Cet exemple africain sert la cause de l’égalité Homme-Femme et, par la rapidité de son évolution, la femme africaine légitime les revendications de parité pour le monde entier.
- Aujourd’hui, dans ce thème pluridisciplinaire de la conférence « Femmes-Frontières » tout comme dans l’exposition de photographies qui l’illustre, on décèle toutes les ambiguités mais aussi tous les espoirs d’une pensée en mouvement, d’une pensée qui n’a pas encore achevé son cheminement, son évolution, sa maturation. Aux limites imposées au Second Sexe de Simone de Beauvoir répond aujourd’hui une prise de conscience que l’égalité juridique - c’est-à-dire une égalité de droits et de devoirs – devait aussi aboutir à une égalité politique, c’est-à-dire une égalité de fait, une égalité du quotidien. C’est le principe de la parité qui tente aujourd’hui de dépasser tous les obstacles au plein accomplissement de la femme contemporaine.
- Ce soir, trois éminentes intellectuelles vont débattre pour faire reculer ces frontières qui font encore trop souvent de la femme un être limité dans l’espace, un être limité dans son libre arbitre, un être limité par la violence physique et morale dont elle est victime. Trois femmes de plume, que je salue, Madame Paulina CHIZIANE, Madame Conceiçao EVARISTO et Madame Rachel UZIEL, vont apporter leur témoignage pour faire reculer ces frontières, pour abaisser ces obstacles, pour porter haut et fort la cause féminine. Et pour faciliter les échanges, pour adoucir les revendications, mais aussi pour aiguiser les passions, c’est Monsieur Mia COUTO, un homme de lettres mais aussi un poète, qui aura la difficile tâche d’exister au milieu de trois femmes modernes au caractère trempé.
- Malheureusement mes devoirs diplomatiques ne me permettront pas d’assister à ces débats passionnants et sans doute passionnés et je vous prie, d’ores et déjà, de m’en excuser.
- 
- Madame la Ministre,
- 
- Vous savez l’attachement de la France au droit de la personne humaine mais mon pays est aussi très attaché à ce que la femme occupe dans la société française la place qu’elle mérite et qui est la sienne. Beaucoup de françaises et français se sont battus pour l’émancipation féminine mais ce combat n’est jamais gagné, il n’est jamais achevé et le moindre oubli peut être synonyme de régression.
- Je voudrais aussi vous dire, Madame le Ministre, que l’exemple de la femme africaine est source d’inspiration pour la cause féminine et que c’est avec un profond respect que je vois tous les jours son indépendance s’affirmer. L’état français tout autant que sa population y sont particulièrement sensibles.
- 
- Muito obrigado.
- 
- 

Dernière modification : 10/03/2010

Haut de page