Discours à l’occasion du 1er Forum jeunesse de Quelimane [pt]

Madame la Secrétaire d’État,
Monsieur le Gouverneur,
Monsieur le Maire de la municipalité de Quelimane,
Monsieur le Recteur de l’Université Licungo
Monsieur l’Ambassadeur de l’Union Européenne, cher Antonio,
Chers représentants d’entreprises,
Chers participants,
Mesdames et Messieurs,

Ouverture du 1er forum jeunesse de Quelimane - JPEG

C’est un grand honneur pour moi de participer au lancement de la toute première édition du Forum Jeunesse, ici à Quelimane, et de pouvoir célébrer l’esprit entrepreneurial de la jeunesse Mozambicaine à l’occasion de cet événement.
Permettez-moi de remercier le Recteur de l’Université, Monsieur Boaventura Aleixo, ainsi que toute son équipe qui a travaillé ardemment pour que ce forum puisse voir le jour. Merci à toutes et tous.
Mes premiers mots s’adressent ensuite à vous, les jeunes : recevez mes plus sincères félicitations pour votre sélection ! Vous avez su faire preuve d’ambition et d’ingéniosité pour passer la première étape de ce concours et vous différencier parmi les 272 candidatures déposées sur notre plateforme.
J’ai tout de même un regret : celui de ne pas accueillir plus de jeunes femmes dans ce forum, d’autant que nous le savons tous, les femmes occupent une place importante dans ce secteur d’activité. Nous le savons si bien que dans le cadre de notre diplomatie féministe et en partenariat avec Forum Mulher et Muva, nous soutenons des initiatives portées par des femmes et des filles en milieu rural dans les provinces de Manica, Niassa et Cabo Delgado.
La thématique choisie pour ce forum, “Nutrir o futuro : empreender e inovar para uma produção sustentável”, n’était pourtant pas des plus aisées. Vos projets de développement agricoles et aquacoles, par leur caractère innovant et impactant, ont séduit notre jury. Nous sommes très fiers de pouvoir porter vos projets à une autre échelle. Et pour cela, je vous dis à tous un grand « bravo » !
Nous sommes parfaitement conscients des défis agricoles et alimentaires qui s’imposent à la population Mozambicaine.
C’est au travers d’initiatives comme celle-ci que l’Ambassade de France montre son engagement solidaire pour la réduction de la pauvreté et le renforcement de l’autonomie alimentaire des populations les plus fragiles.
La France dispose de plusieurs instruments financiers pour accompagner ses partenaires, qu’ils soient institutionnels ou issus de la société civile.
C’est à cet effet que le Fonds d’Innovation pour le développement a été conçu par le Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères, le Ministère français de l’Économie et des finances ainsi que l’Agence Française de Développement. Il permet de financer des organisations porteuses de projets innovant ayant un fort impact sur la réduction des inégalités, à hauteur de 4 millions d’euros. Ce fonds est disponible, aussi bien pour des acteurs institutionnels, que des ONG ou des entreprises, pour faire sortir de terre des projets durables. Alors n’hésitez pas à solliciter le Service de Coopération de notre ambassade qui se fera un plaisir de vous orienter.
Vous pouvez aussi compter sur l’action notre Agence Française de Développement, qui vient par ailleurs d’achever son projet de soutien à l’Instituto do amendoin de Moçambique ici, dans la province du Zambèze. Ce projet de 2 000 000 d’euros a permis le renforcement de la filière de la noix de cajou dans la province et le développement de pratiques écologiquement responsables dans cette filière.
Je pense également au fonds de 3 millions de dollars ouvert récemment par Proparco auprès de la Banque Société Générale pour financer des projets d’entreprises dans le secteur agricole.
C’est vers les jeunes porteurs de projets que nous souhaitons nous tourner. L’Ambassade de France se mobilise au quotidien en faveur de la jeunesse engagée, innovante, entreprenante et qui a soif d’apprendre.
Il y a seulement deux semaines de cela, nous avons ouvert le premier Espace Campus France au sein de l’Université Pédagogique de Maputo. Un espace totalement dédié à l’information, l’orientation et l’accompagnement des étudiants qui veulent effectuer une mobilité en France.
La France est positionnée dans le peloton de tête mondiale, à la 4ème ou 5ème position, pour l’accueil d’étudiant en mobilité internationale, avec près de 400.000 étudiants étrangers. Nous souhaitons vivement que le Mozambique puisse être mieux représenté au sein de notre communauté universitaire. Pour cela, nous déployons des bourses d’études, notamment avec les entreprises telles que Total et la Société Générale. 30 étudiants sont ainsi partis en France en septembre dernier.
Bien que l’Espace Campus France soit situé dans la capitale, il a vocation à rayonner dans tout le pays via ses activités en ligne et ses événements en Province. Nous espérons que les étudiants de Zambézie pourront en bénéficier, dans l’attente je l’espère, d’un Espace Campus France, un jour à Quelimane !
Mais bien plus qu’un soutien académique, c’est sur le lien entre formation et emploi que nous voulons travailler main dans la main avec les établissements d’enseignement supérieur et les entreprises.
Monsieur le Recteur, nous sommes très heureux de pouvoir développer ce partenariat avec l’Université Licungo en premier lieu dans le cadre de l’organisation de la première édition du forum jeunesse pour concourir au renforcement de l’entrepreneuriat des jeunes. D’autres initiatives suivront, j’en suis certain ! Car quel lieu plus adapté que l’université pour faire le lien entre formation, recherche, innovation et développement ?
J’étais récemment en France pour participer au « Nouveau Sommet Afrique-France » à Montpellier le 08 octobre, où j’ai eu la chance de dialoguer en direct avec une jeunesse provenant de tout les Etats du continent africain. Une jeunesse et une societe civile africaines que la France a l’ambition de soutenir dans son désir de construire l’avenir, un avenir de solidarité, d’égalité entre les hommes et les femmes et d’inclusivité économique et sociale.
Le Président de la République, Emmanuel Macron, avait convié plusieurs activistes, sportifs et porteurs de projets Mozambicains à me rejoindre pour ce déplacement, dont l’une de vos collègues entrepreneure - Xangamira Salvador Sitoe - qui, à seulement 27 ans, est à la tête de sa propre entreprise, Green Soil Moz, qui produit et vend du compost 100% biologique dans tout le pays.
Cette jeunesse brille par sa détermination, son audace et son imagination. Il est de notre devoir de porter ses ambitions au plus haut et d’être à la hauteur de ses attentes, elle qui ne demande qu’à s’instruire, investir, innover et créer de la richesse et de l’emploi.
C’est pourquoi notre action ne saurait être ponctuelle. Nous espérons que cet événement ne sera que la première étape d’une collaboration à long terme, avec par exemple la création d’un incubateur d’entreprises au sein même de l’université visant à soutenir tout au long de l’année de jeunes entrepreneurs à la recherche d’un appui technique, matériel ou financier. Nous souhaitons faire de cet investissement solidaire la pierre angulaire du renouveau de la coopération franco-mozambicaine qui fêtera son quarantième anniversaire le 19 décembre prochain.
Je sais que des discussions sont en cours avec la Banque Mondiale pour soutenir cette dernière initiative. C’est donc tout naturellement vers mon collegue et ami l’Ambassadeur de l’Union Européenne que je me tourne, appelant de mes vœux un prochain soutien dans le cadre du programme E-Youth. L’Europe et ses 27 Etats membres sont les premiers partenaires du Mozambique, dans tous les domaines, notamment en soutien à la jeunesse.
Pour mener ces actions, nous comptons également sur l’engagement des entreprises, qui représentent d’excellents lieux de transmission et d’apprentissage par l’expérience. A ce titre, je remercie les acteurs du secteur privé qui ont accepté d’animer les ateliers de ce forum jeunesse : Rui AMARAL qui représente le Gabinete de Apoio a Pequenas Indústrias (GAPI) ; la délégation de Biofund, en particulier Denis NICOLAU e Rosalina NIQUICE venue représenter la Direção Nacional do Ambiente ; Cecilio VALENTIM da Associação Moçambicana para Promoção do Cooperativismo Moderno et François AFFHOLDER du Centro frances de cooperação internacional em pesquisa agronômica para o desenvolvimento (CIRAD).
Je remercie chaleureusement François GROSSE de l’entreprise Aquapesca et Milton LANGA de la Société Générale, avec lesquels nous sommes partenaires de longue date et avec lesquels nous allons continuer à travailler de concert.
Nous souhaitons que ces partenariats réussis puissent inspirer d’autres entreprises à nous rejoindre en faveur de l’entrepreneuriat des jeunes, que ce soit à l’occasion de forum comme celui-ci, ou au sein d’incubateurs d’entreprises, comme je l’ai évoqué.
S’agissant de la première édition, nous sommes impatients de pouvoir tirer un bilan de ce forum. Et pour ne rien vous cacher, les prochaines éditions sont déjà en cours de préparation, dont celle de 2022 qui se tiendra dans une nouvelle province et qui portera sur l’économie sociale et solidaire. Nous espérons y retrouver une jeunesse aussi vive et motivée que celle que j’ai devant moi aujourd’hui.
A la fin de ces trois jours, vous participerez á un premier concours où nous récompenserons les cinq meilleurs exposés. Un concours d’éloquence car en trois minutes, il vous faudra convaincre un jury d’experts quant à la pertinence et à la soutenabilité de votre projet.
Et puis nous vous laisserons à tous un mois pour améliorer vos projets à la lumière des échanges et des enseignements dont vous aurez bénéficié durant cette semaine.
Trois d’entre vous seront alors sélectionnés qui recevront un appui technique durant un an pour mener leur projet à terme.
Alors, bonne chance à tous et que les meilleurs gagnent ! Mais n’oubliez pas pour autant l’enseignement de Nelson Mandela : "je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends ! ".

Laurent Perez-Vidal,
Conseiller de coopération et d’action culturel

Dernière modification : 27/10/2021

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