Coût de la vie

Bien que le Mozambique fasse partie des pays les plus pauvres au monde (seuls 11 pays avaient en 2014 un PIB par habitant inférieur à celui du Mozambique selon la Banque mondiale), le coût de la vie pour les expatriés y est particulièrement élevé.

Cette situation tient à de multiples facteurs :

L’inefficacité du système de distribution concentré entre quelques entreprises, ce qui limite fortement la concurrence.

L’importation de la quasi-totalité des biens durables et des produits alimentaires d’Afrique du Sud avec un surcoût lié au transport au Mozambique (sept fois plus onéreux au kilomètre qu’en Afrique du Sud) et un autre surcoût lié à la perception de droits de douane et à l’application de la TVA. A titre d’exemple, les produits alimentaires de base sont considérés de façon générale comme étant plus chers de 30 à 50% au niveau pratiqué en Afrique du Sud et les autres produits – détergents, produits d’hygiène, vêtements, alcools, etc. – sont souvent 2 à 3 fois plus chers que le même produit en Afrique du Sud. Seuls quelques articles agricoles sont produits localement dans un pays où le panier de la ménagère des expatriés diffère sensiblement de celui des Mozambicains. Pour le reste, les expatriés se voient obligés d’avoir recours à des produits importés au prix très élevé car les produits offerts sur le marché sont beaucoup moins sûrs, n’étant soumis à quasiment aucune norme sanitaire ni à aucun contrôle qualitatif, notamment en matière de conservation des aliments. Cette situation est reconnue par la société Mercer qui place Maputo au 93e rang des villes les plus chères au monde en 2015, loin devant Johannesburg et les autres villes de la région. L’évolution du classement de Maputo, qui ne figurait encore en 2014 qu’au 122e rang des villes les plus chères au monde selon cette organisation, souligne la dégradation du coût de la vie dans la capitale mozambicaine.

Le coût extraordinairement élevé du logement en raison de la pénurie de biens de qualité acceptable et de l’obligation pour les expatriés de se loger dans des quartiers où la sécurité est considérée comme acceptable (Sommerschield, Triunfo, Polana, Coop). Les tarifs actuels atteignent, pour un appartement de deux ou trois chambres de 2000 à 5000 dollars selon l’état et la localisation. A titre d’exemple, un appartement de trois petites chambres, situé dans le quartier résidentiel de Sommerschield se négocie aux alentours de 3000 à 4000 USD. Un appartement de taille équivalente, dans un immeuble des années soixante, dans le centre-ville se loue, entre 2000 et 3500 dollars. En ce qui concerne les villas, les premiers prix se situent aux alentours de 3500 USD pour une petite villa pour atteindre 6000 à 8000 dollars pour une villa plus importante avec piscine ou plus moderne, voire davantage.

L’obligation de recourir, pour des villas, à des services de sécurité privée.

Les taxes et impôts élevés sur les véhicules qui augmentent le prix localement de 60% par rapport à l’Afrique du Sud. A ce tarif, il convient d’ajouter les marges locales (30 à 40% selon les constructeurs pour les raisons expliquées ci-dessus) qui amènent le prix d’un véhicule neuf à un niveau deux fois supérieur à son équivalent en Afrique du Sud. Par ailleurs, les prix sur le marché de l’occasion sont également élevés dans la mesure où les acheteurs de véhicules neufs sont peu nombreux et la population disposant de peu de moyens financiers est prête à payer très cher pour un véhicule très ancien. La possession d’un véhicule est pratiquement indispensable dans un pays où les transports en commun sont quasi inexistants, où les taxis sont rares et relativement chers, notamment le soir et où tout mode de transport autre que l’individuel est dangereux.

Les tarifs des billets aériens sont particulièrement élevés. Les tarifs intérieurs en USD par mile parcouru sont largement supérieurs à ce qu’ils sont dans les autres pays de la région (27,4% de plus qu’en Tanzanie ; 33,5% de plus qu’en Afrique du Sud) et 46,5% plus élevés qu’en Inde. Il en va de même pour les vols régionaux : le Maputo-Johannesburg, par exemple, est plus de deux fois plus cher par mile parcouru que les autres vols régionaux similaires. Le manque de concurrence maintient également les tarifs à un niveau élevé pour les compagnies desservant le Mozambique, à savoir South African Airways, Ethiopian Airlines, Qatar Airways, Kenya Airways, Air Portugal (TAP) et Turkish Airlines depuis octobre 2015.

Si les télécommunications mobiles restent bon marché, il n’en va pas de même pour la télévision ou pour internet. Le Mozambique est l’un des pays du monde où ces services ont le prix le plus élevé : l’abonnement mensuel pour une connexion ADSL de 4 Mb de vitesse théorique avec un plafond de téléchargement de 30 GB par mois revient à 65 USD par mois et l’abonnement télévisé à des chaînes en anglais 63 USD par mois.

Dépenses supplémentaires liées à la courte durée de vie des appareils électroménagers : la durée de vie des machines à laver, téléviseurs et autres réfrigérateurs est beaucoup plus courte qu’ailleurs dans le monde en raison de la piètre qualité du réseau électrique et des coupures récurrentes. L’achat d’onduleurs pour l’électroménager et le matériel électrique et électronique est nécessaire et constitue un poste de dépenses supplémentaire non négligeable. Ceci est d’autant plus problématique que le prix moyen de l’électroménager et de l’électronique au Mozambique est notablement plus élevé que dans les autres pays de la région.

Les services de santé coûtent cher à Maputo, car les rares établissements fréquentables sont privés ou se situent en Afrique du Sud (une consultation avec un généraliste à l’ICOR à Maputo coûte de 40 à 60 USD en fonction de l’urgence et avec un spécialiste jusqu’à 90 USD). Une partie des examens doit être faite en Afrique du Sud, ce qui renchérit énormément leur coût. La situation sanitaire dans le pays (risque de malaria dans l’ensemble du pays, dengue, intoxications fréquentes) amène les expatriés à consulter un médecin assez régulièrement. Il y a très peu de médecins spécialistes installés dans le pays.

Enfin, les dépenses d’éducation constituent, pour les agents qui ont des enfants, un poste de dépense important à Maputo (consulter à titre d’exemple l’Ecole française de Maputo http://www.efmaputo.fr/).

Remarque : tous les prix communiqués sous cette rubrique ont été relevés au mois d’octobre 2015 et ne le sont qu’à titre purement indicatif.

Dernière modification : 21/10/2015

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