Cérémonie de remise des insignes de Chevalier de l’Ordre National du Mérite à Miguel Alvès

Cérémonie de remise des insignes de Chevalier de l’Ordre National du Mérite à Miguel Alvès

30/03/2010

Allocution de M. l’Ambassadeur de France


Excellence Monsieur le Ministre des travaux publics,

Messieurs les Ministres,

Monsieur le Président du FIPAG,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,


C’est avec un réel plaisir que mon épouse et moi-même vous accueillons ce soir à la Résidence de France à l’occasion de la remise des insignes de Chevalier de l’Ordre National du Mérite de la République française à M. Miguel Alvès, Directeur exécutif du Fonds d’Investissement et de Patrimoine de l’Approvisionnement en Eau (FIPAG).


Avant de vous introniser dans votre nouveau grade, cher Miguel, je souhaiterais rappeler brièvement votre parcours professionnel et les liens qui vous unissent à la France.


Miguel Elias ALVES, vous êtes le premier d’une famille de 8 enfants, famille dont vous avez dû assurer la subsistance à la suite du décès prématuré de votre père. Ainsi, vous avez commencé à travailler très tôt sans cependant abandonner vos études et vous avez obtenu votre diplôme d’ingénieur civil à l’Institut industriel de Maputo tout en étant employé par les services municipaux de l’eau et de l’électricité (SMAE).


Plus tard, dans les premières années de l’indépendance, avec la séparation de ces services, vous participez à la création de l’entreprise de service public Agua de Maputo, puis vous intervenez de 1979 à 1981 en province afin d’apporter votre expérience pour l’amélioration des systèmes de distribution de l’eau à Beira, à Chimoio et à Tete, au sein de ce qui s’appelait alors la CIGEA (Comissão Instaladora Geral das Empresas de Agua) et les UDAAS (União de Direcção de Abastecimento de Agua et Saneamento). Cela vous permet également de mieux connaître votre grand pays ainsi que les défis de l’amélioration des services publics.


De retour à Agua de Maputo en 1982, c’est en tant que responsable-coordinateur du programme d’urgence pour la remise en état des infrastructures d’eau à Maputo, que vous entrez en contact avec les institutions de la coopération française, notamment la Caisse centrale de coopération économique, l’ancêtre de l’actuelle Agence française de développement, qui assurera le financement des premiers travaux publics post indépendance. Il s’agit alors de doubler la capacité de traitement de la station des eaux d’Umbeluzi dont les travaux s’achèveront en 1987. C’est à ce moment que vous décidez d’améliorer votre connaissance de la langue française et commencez deux années de formation en français dans un institut de langues de Maputo.

En 1984 vous devenez directeur général d’Agua de Maputo et vous exercez ces fonctions jusqu’en 1999, date à laquelle une concession privée est mise en place et se substitue à la gestion publique.

Vous rejoignez alors le FIPAG comme Directeur exécutif, fonctions que vous occupez depuis 10 ans maintenant.


Ainsi, c’est dans le cadre de vos activités professionnelles que vous avez développé votre maîtrise de notre langue. Ce sont les relations conviviales et amicales avec vos interlocuteurs d’alors à la Caisse centrale de coopération économique, puis à la Caisse française de développement, enfin à l’Agence française de développement, ainsi que les contacts réguliers et parfois quotidiens avec les entreprises françaises du secteur de l’eau, qui vous ont amené à tisser un lien étroit avec la francophonie et avec la France.


Je voudrais rappeler en quelques mots les appuis de la coopération française au secteur de l’eau au Mozambique : d’abord les travaux de doublement de la station de traitement d’Umbeluzi en 1987 déjà évoqué, l’assistance technique à Agua de Maputo apportée par la SAUR de 1992 à 1997, la construction d’une station de pompage à Matola en 1998, le doublement de la conduite d’adduction en eau de Maputo en 2001 et enfin le programme d’alimentation en eau de Maputo en cours d’exécution qui devrait bénéficier en 2010 d’un nouveau financement de l’AFD.


De plus, Cher Miguel, votre lien avec la francophonie et avec notre pays se renforce à l’occasion de votre participation à différentes formations en France, et notamment au CEFEB, le centre de formation de l’AFD, à Versailles puis à Marseille, ainsi qu’à l’occasion de voyages d’études et de travail auprès d’entreprises françaises du secteur de l’eau.


En qualité de membre de l’association africaine des sociétés de distribution d’eau, vous avez également l’opportunité de vous rendre en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Bénin et au Maroc.


Ces séjours dans divers pays francophones consolident la relation d’amitié avec la francophonie, initiée avec l’apprentissage de la langue française, puis développée à travers des relations de travail qui vous amènent à mieux connaître les réalités et les cultures francophones. Tout ceci vous permet de construire un lien très fort avec la France et la francophonie qui se poursuit aujourd’hui.


Mais la confrontation à cette réalité différente, comme vous le racontez vous-même, n’a pas toujours été facile. Notamment vous gardez encore le souvenir de votre premier voyage à Paris en 1984 et d’un déplacement dans la banlieue parisienne. Ainsi, nous pouvons vous imaginer sur le quai de RER, montant dans un train "emporté par la foule" comme le chantait si bien Edith Piaf, et vous imaginant aller à St Quentin en Yvelines pour vous apercevoir après plus d’une demi-heure de trajet que vous allez dans une autre direction. Pour un Mozambicain perdu sur un quai de RER, demander son chemin à des banlieusards pressés et au français peu compréhensible, n’était pas aisé. De cette aventure vous retenez qu’il ne faut pas être pressé quand on ne sait pas où l’on va.


Au cours de votre longue carrière professionnelle, vous avez acquis de grandes responsabilités et vous continuez à mener une véritable croisade pour l’amélioration du service de l’eau dans votre pays et principalement à Maputo. Nous connaissons tous la valeur de l’eau et la chance de pouvoir l’obtenir en ouvrant simplement un robinet, sans toujours songer au travail et à l’abnégation de ceux qui lui permettent de couler dans nos cuisines ou nos salles de bains.


L’eau est la source de la vie, probablement le bien le plus précieux de l’humanité et nous savons aujourd’hui que ce bien n’est pas infini, qu’il doit être traité avec respect et géré avec sagesse.


La haute distinction qui vous a été attribuée par le Président de la République française et que je vais vous remettre dans quelques instants symbolise les liens forts qui vous unissent à la France : la maîtrise de la langue française, des liens professionnels et amicaux avec la coopération et les entreprises françaises du secteur de l’eau au Mozambique.


Mais cette distinction symbolise également votre mérite personnel. Et notamment votre engagement constant en faveur de l’amélioration du service de l’eau, votre dynamisme et votre ténacité dans ce combat quotidien, comme pourraient en témoigner Son Excellence Monsieur le Ministre des Travaux Publics et nombre de personnes ici présentes.


Je ne voudrais pas terminer ces propos sans associer à ces remerciements vos collègues du FIPAG, et notamment son Président, ainsi que votre famille qui vous ont apporté leur soutien et leur appui pendant toutes ces années.


M. Miguel Alvès, au nom de Monsieur le Président de la République, je vous fais Chevalier de l’Ordre National du Mérite.

Dernière modification : 30/03/2011

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