20 ans après l’adoption de la résolution 1325, l’heure n’est pas à la célébration [pt]

Nations unies - "Femmes, paix et sécurité : 20e anniversaire de la résolution du Conseil de sécurité 1325 (2000) - Vers une meilleure mise en oeuvre" - Débat ouvert - Intervention de M. Nicolas de Rivière, représentant permanent de la France auprès des Nations unies, au Conseil de sécurité

(New York, 29/10/2020)

Monsieur le Président,
Je remercie le secrétaire général et tous les autres intervenants pour leurs présentations.
Je tiens à saluer la Russie qui a fait des droits des femmes une priorité de sa présidence du Conseil de sécurité.
20 ans après l’adoption de la résolution 1325, nous sommes encore loin d’atteindre les objectifs fixés. L’heure n’est pas à la célébration.
Les progrès accomplis n’ont cessé d’être remis en cause par la succession des crises, dont les femmes sont les victimes systématiques. Le retour en arrière est une menace constante à chaque conflit ou à chaque crise, dont la pandémie actuelle. Le temps n’est plus au constat mais aux actes. Le Conseil de sécurité ne doit tolérer aucune régression. C’est pourquoi il est essentiel de préserver chacune de nos résolutions et il faut surtout oeuvrer ensemble à leur mise en oeuvre.
Alors qu’elles sont souvent des actrices clés de la réponse aux crises, les femmes sont encore insuffisamment présentes au sein de l’ensemble des processus de paix et de sortie de crise. Il y a des progrès : en Afghanistan, au Yémen, en Libye, au Mali, en République Démocratique du Congo notamment. Mais les négociatrices et les médiatrices n’ont pas la place qui leur revient. Soyons honnêtes. Le vivier existe. Il doit juste être utilisé. C’est pourquoi la France finance des formations pour des femmes civiles et militaires, en lien avec le Département des opérations de paix, ONU Femmes et l’Organisation internationale de la Francophonie.
Nous devons en parallèle poursuivre une action déterminée contre le fléau des violences sexuelles et fondées sur le genre. La prévention de ces violences ne relève pas d’un choix mais d’une exigence. Ces violences doivent être réprimées.
L’accès aux droits et à la santé sexuels et reproductifs est entravé et la pandémie de COVID-19 a exacerbé les difficultés. Nous regrettons la politisation de ces enjeux qui conduit à perdre de vue l’intérêt supérieur des femmes et des filles. La France condamne tout discours sexiste, misogyne ou homophobe et soutient les actions en faveur des victimes grâce à une importante contribution au Fonds mondial pour les survivantes de violences sexuelles créé par le Docteur Mukwege et Madame Murad.
La mise en oeuvre de la résolution 1325 exige un effort de chacun. C’est pourquoi les plans d’action nationaux sont si importants. La France finalise son troisième plan. Elle a renforcé la prise en compte des questions de genre dans son aide humanitaire et au développement, afin d’apporter un soutien ciblé aux femmes dans les situations de conflit et de post-conflit. La France lancera cette année un Fonds de 120 millions d’euros pour soutenir des organisations féministes, notamment dans les pays en développement.
Je rappelle enfin que la France accueillera, en partenariat avec le Mexique et ONU Femmes, le Forum Génération Egalité en juin 2021. À cette occasion, un compact "Femmes, Paix et Sécurité"sera lancé afin de bâtir sur les engagements existants et de réunir de nouveaux financements.
Monsieur le Président,
La France rend hommage à toutes les féministes et aux défenseures des droits de l’Homme dans le monde et elle continuera de faire de la pleine mise en oeuvre des résolutions Femmes, Paix, Sécurité un axe majeur de son action au Conseil de sécurité.
Je vous remercie./.

Dernière modification : 02/11/2020

Haut de page